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2003 : les personnes handicapées à l’honneur
2003 a été déclarée « Année Européenne des Personnes Handicapées » par l’Union Européenne. Au plan national, le dossier du handicap a été érigé en chantier prioritaire de l'action gouvernementale. L’occasion d’établir un état des lieux du handicap en France et de résumer les actions proposées.
Marie-Coralie Fournier
03/05/2003
2003 sera l’année du handicap ou ne sera pas. Telle est la volonté de l’Union Européenne et de la France : le Conseil de l’Europe l’a proclamé «Année Européenne des Personnes Handicapées» par sa décision du 3 décembre 2001 et Jacques Chirac a annoncé son projet «Solidarité pour les personnes handicapées» pendant sa campagne présidentielle, l’érigeant ensuite en chantier pour son quinquennat.
Selon l’Insee, la France recense, en septembre 2002, 12 millions de personnes atteintes d’un handicap, 5.5 millions d’entre elles se déclarant handicapées et 2.3 millions percevant une allocation. Ces chiffres ne cessent d’augmenter, à cause des progrès médicaux allongeant la durée de la vie et des accidents. Pourtant, aucun texte en France ne définit le handicap. Seule la loi d’orientation du 30 juin 1975 en marque la reconnaissance et établit des principes généraux d’action. Par ailleurs, depuis 1993, le handicap est évalué par un taux d’incapacité établit à partir d’un guide-barême. Deux organismes en France sont aujourd’hui chargés de reconnaître le handicap : la Commission Départementale de l’Education Spéciale pour les enfants et les adolescents, et la Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel, pour les adultes. Sur le front du handicap, la France accuse donc un certain retard. Différentes associations se font l’écho des revendications. Elles espèrent aujourd’hui que 2003 bougera les choses grâce à ses différentes actions.
Changer de regard
Avec l’AEPH, l’Union Européenne « invite ses membres à sensibiliser la société aux droits, aux besoins et au potentiel des personnes handicapées ». Il s’agit de coopérer et de croiser les expériences pour améliorer la communication sur les différentes formes de handicap et sensibiliser aux discriminations subies. L’objectif est alors de favoriser l’intégration des personnes déficientes tant au niveau scolaire que professionnel. Dans ce cadre d’actions, le Comité français souhaite que 2003 entraîne notamment un changement de regard et une amélioration des conditions de vie en société pour les personnes concernées. Réflexion et information sur le handicap sont au cœur du programme. Il s’agit d’améliorer les moyens d’accessibilité et d’appeler au respect à l’égard des personnes handicapées, citoyennes à part entière. Pour concrétiser ces actions, un bus parcourt le territoire sous l’enseigne « la marche sans entrave ». Il vise à représenter les initiatives locales et à valoriser les projets proposés.
Les engagements présidentiels
De son côté, le Président de la République s’est engagé à différentes actions. Le chantier de son mandat concerne cinq dispositions : créer un droit à la compensation du handicap, renforcer les aides à domicile, assurer la scolarisation des enfants handicapés, relancer l’insertion professionnelle des adultes handicapés et mettre en œuvre un programme d’aide aux personnes polyhandicapées.
Ces différentes actions appellent chacun à se tourner vers les personnes déficientes pour améliorer leur vie quotidienne. Pour Jérôme Adam, interrogé par «La Croix» le 1 avril, «cette année ne doit pas être une année de focalisation sur les besoins des personnes handicapées [mais] (…) l’occasion d’accepter les différences».
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