JMJ 2002 > L'esprit
Les Saints et les Saintes du Canada (4/5)
Quatrième partie de notre série sur les Saints et Saintes du Canada : Marguerite Bourgeois.
Emmanuelle Terouanne
20/06/2002
Marguerite Bourgeois
En mai 1642, une poignée de Français remontent le Saint-Laurent jusqu'à l'île de Montréal. Ils sont guidés par un rêve: apporter la foi catholique aux premières nations. Sous le commandement du premier gouverneur, Paul de Chomedey de Maisonneuve aidé par Jeanne Mance , ils fondent un établissement dédié à la bienheureuse Vierge Marie qu’ils baptisent Ville-Marie ( ancien nom de Montreal). Les premières années sont difficiles.
En 1653, une femme débarque à son tour, foi et vaillance chevillées au cœur. Elle s’appelle Marguerite Bourgeoys. Sa mission: instruire. Son inspiratrice: la Vierge Marie. Son évêque en France insiste pour quelle rejoigne la congrégation de Notre Dame et les sœurs enseignantes dans l’ordre cloîtré des Ursulines. Cependant les récits des difficultés et des dangers de Ville Marie qui donnent la chair de poule aux autres éveille en elle un appel du Seigneur à servir les Indiens et les nouveaux arrivants. Elle rencontre le gouverneur et parvient à le convaincre quelle est la personne qu’il recherche pour fonder une école à Ville Marie .
Marguerite passe ses premières années à enseigner aux femmes, à administrer la maison du gouverneur et à aider les « Montréalistes » dans tous leurs besoins. Peu après son arrivée, elle supervise le redressement de la Croix sur le Mont-Royal, le premier lieu de pèlerinage de Montréal.
Comme le trajet pour se rendre à ce site était devenu trop dangereux, Marguerite rêve d'un sanctuaire dédié à Notre-Dame. En 1657, elle obtient la permission des autorités ecclésiastiques de bâtir une chapelle sur les bords du Saint-Laurent, à l'est du fort dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours.
La Congrégation de Notre Dame
En 1658, Marguerite donne sa première classe dans une étable désaffectée donnée par de Maisonneuve. Deux fois, elle retourne en France afin d'aller chercher des compagnes pour l'aider dans son travail. C'est le commencement de la Congrégation de Notre-Dame, la première communauté non cloîtrée de femmes en Amérique. Marguerite est travailleuse sociale avant la lettre. Quand le roi de France décide de peupler la Nouvelle France en y envoyant des jeunes filles orphelines , elle organise une première école d'art ménager pour rendre de pauvres femmes aptes à gagner leur vie. Des jeunes filles canadiennes et amérindiennes et même des filles des colonies américaines la rejoignent. En canot, en carriole, à pied le plus souvent, et deux par deux comme les apôtres, elles parcourent champs, rivières et forêts pour instruire, soulager, conseiller.
Elle envoie ses soeurs à la Mission de la Montagne où elles approchent leurs élèves amérindiennes avec beaucoup de respect et d'ouverture d'esprit.
Le sel et la lumière de Sainte Marguerite Bourgeoys
Marguerite exprime sa foi à travers son enseignement, ses voyages et ses relations avec les autres. Femme d'action certes, mais toujours guidée par la prière, elle va, comme Marie, partout où l'on a besoin d'elle, conservant les paroles du Christ dans son coeur.
Marguerite Bourgeoys est décédée à Montréal le 12 janvier 1700. Elle a été canonisée le 31 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II. Sa célébration liturgique a lieu le 12 janvier.
|