Prier aujourd'hui

Couleur liturgique du jour : vert 15ème semaine du temps ordinaire

Les lectures de la messe du jour

Aujourd'hui nous fêtons...
Bienheureuse Charlotte
et ses compagnes, Carmélites de Compiègne, martyres

inXL6 vidéo

Billet d'humeur

Bonnes Pâques !
par inXL6

Les catéchèses

La lettre info :

Pour restez au courant de l'actualité d'inXL6, laissez votre email ici.

JMJ 2002 > L'esprit

Etre sel et lumière : bâtir le Royaume de Dieu

Le thème des 17e Journées Mondiale de la Jeunesse provient d’un extrait du sermon sur la montagne : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14). C’est la première fois dans l’histoire de ces journées que le pape propose un thème qui nous invite à l’action, nous a-t-on dit. Les autres thèmes étaient spirituels; celui-ci est pro-actif. Cela surprend! Le verbe ‘être’ qui est utilisé est un verbe passif, qui décrit une situation : Vous êtes sel et lumière. Pour comprendre l’aspect engageant du thème et sa portée pour la transformation de notre monde, il faut le replacer dans son contexte biblique.

Père Serge Comeau
17/04/2002



Nous sommes sel et lumière à la condition d’adopter le programme de Jésus dans les béatitudes qui viennent tout juste avant cette parole de Jésus : nous sommes sel et lumière lorsque nous sommes persécutés pour la justice, lorsque nous sommes des artisans de paix, lorsque nous cherchons des moyens pour vivre comme des justes. Mais même ce passage de l’Évangile que nous appelons les béatitudes, peut paraître passif. Des exégètes ont par contre fait une recherche exhaustive sur la signification des béatitudes, et ils ont découvert que le mot heureux, c’est la traduction qu’on a fait du mot grec ‘makarioi’. Et en langage araméen, le mot était ‘ashray’, du verbe ‘yashar’. Le mot ‘ashray’ ne renferme pas cette passivité que nous associons au mot ‘heureux’. Au contraire, il veut dire : « Lève-toi et mets-toi en marche; tournes-toi vers la bonne direction, renonce à regarder en arrière. » Ainsi, en langue arabe ce que Jésus a dit pourrait se traduire par : « Levez-vous, mettez-vous en marche vous qui avez faim et soif de justice, vous serez rassasiés. Levez-vous, faites quelque chose vous qui êtes artisans de paix, vous serez appelés enfants de Dieu. » Nous entendons alors Jésus nous dire : « Levez-vous, faites quelque chose pour la pauvres, pour que naisse la justice, pour ceux et celles qui sont découragés. Levez-vous, c’est le temps de se retrousser les manches, de se salir les mains, le temps de faire quelque chose pour ceux qui souffrent, ceux qui sont affamés, ceux qui ont besoin d’un toit. En faisant ainsi, vous êtes sel de la terre et lumière du monde »

Être sel et lumière, ça nous invite donc à l’action. « Il ne s’agit pas de dire Seigneur! Seigneur! pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté du Père qui est aux cieux » nous a dit Jésus. Et le prophète Isaïe a affirmé avec beaucoup de confiance dans un de ces messages : si tu dénoues les liens de servitude, si tu libère ton frère enchaîné, si tu nourris celui qui a faim, ta lumière brillera comme l’aurore. La justice sociale devient la marque de ceux et celles qui sont sel de la terre et lumière du monde. Ceci nous invite à regarder ce que ça veut dire ‘transformer le monde’

Dans la Palestine du premier siècle, Jésus a rendu témoignage à la vérité et à la justice. Constamment, il a proclamé haut et fort, en paroles et en actes, qu’il est venu indiquer un chemin de libération de toute forme d’oppression. Comme les prophètes avant lui, Jésus prend très au sérieux le Code de l’Alliance où est affirmé le parti pris de Yahvé pour les pauvres et les exclus. Jésus prend ouvertement la parole en faveur des laissés-pour-compte et des personnes blessées dans leur dignité. Dès qu’il en a la possibilité, Jésus choisit d’aller vers les plus démunis. En dénonçant l’hypocrisie des pharisiens… en s’approchant des femmes et des enfants, dont la situation sociale était considéré comme inférieure à celle des hommes… en se plaçant du côté des prostituées et des pécheurs publics… Jésus remet en question bien des façons de voir et d’agir dans la société de l’époque. Toujours, il dénonce ceux qui dominent les autres en gardant les plus vulnérables dans la peur ou le silence de l’oppression. Jésus affirme la préséance de l’amour et de la justice sur les coutumes religieuses et sociales de son temps. Ses gestes et ses paroles ont eu des conséquences importantes sur l’exercice du pouvoir.

Dans l’histoire de l’Église, depuis les premiers siècles, les chrétiens ont aussi eu ce souci de la justice sociale. Il mettaient tout en commun (Ac. 2, 42); ils organisaient des collectes pour les Églises les plus pauvre (2 Co. 8-9). Mais cette charité n’était pas toujours facile et évidente pour les disciples de Jésus. Ce souci préférentiel pour les pauvres accompagnera pourtant l’Église tout au long de son histoire. Les Pères de l’Église nous ont fourni des principes de bases sur l’option pour les plus pauvres… des communautés religieuses ont été fondées particulièrement pour le soin des pauvres.

Devant la pauvreté et les problèmes causés par l’injustice, il est normal d’éprouver un sentiment d’impuissance. Qu’est-ce qu’on peut faire contre le chômage?, la maladie ou la malnutrition? Contre la guerre ou le terrorisme? Notre sentiment d’impuissance se transforme parfois en désarroi. Et pourtant, Nolan disait « Mon projet, c’est de découvrir ce qu’on peut y faire. » De nos jours, nous sommes habitués à l’instantané. Le plus souvent, quand on veut du pain, on s’arrête à la boulangerie. Si on veut un arbre dans sa cour, on passe chez l’horticulteur qui a des plants tout prêts. Sur la plan social aussi, nous avons tendance à bousculer s’il le faut pour obtenir des résultats rapides! Jésus nous donne une autre logique pour le Royaume de Dieu. On ne change pas le monde dans le temps de le dire. Jésus enseigne la patience : le Royaume de Dieu est comme une graine moutarde semée en terre, ou encore comme le levain dans la pâte.

Ce programme d’action sociale que Jésus nous lance est loin d’être passif, il est plutôt énergique et appelle l’action. C’est pourquoi lors de la prochaine JMJ, les participants seront invités à s’inscrire à une activité de justice sociale. Être le sel de la terre et lumière du monde, c’est travailler pour faire advenir le Royaume de Dieu ici et maintenant.

Père Serge Comeau
responsable du programme pastoral
coordinateur des catéchèses

| (c) D. Fugère